Né à Marseille en 1969, Laurent La Rocca a d’abord fait vibrer les scènes avant de capturer les silences. Bassiste du groupe rock/reggae Daïpivo, fondé en 1991, il en est le pilier rythmique depuis toujours — et pour longtemps encore. « Lolo », comme l’appellent les fidèles, continue de faire danser les âmes avec la même énergie, album après album. Mais derrière le musicien, se cachait déjà un œil attentif, curieux, avide d’images. Un explorateur artistique, comme il aime à se définir. Et ce regard s’est peu à peu tourné vers la photographie.
C’est à Cassis, à la capitainerie de Port-Miou où il travaillait encore à l’époque, que tout a commencé. Quelques clichés, accrochés là presque par jeu, capturent l’attention. Des chaînes de bateaux métamorphosées en cœurs grâce à des jeux de miroirs. Une série qu’il nomme sobrement « Chaînes d’Amour ». La magie opère. La maire de Cassis tombe sous le charme et lui propose d’exposer pendant l’été. Le déclic est là. L’artiste comprend que son regard parle aux autres, même à ceux qui ne parlent pas le langage de l’art.
