Jean-Baptiste Leroux

« L’art pour moi, c’est la lumière, elle transforme tout en une seconde et je peux saisir toutes ses envies en un « instant d’éternité ». Cette source naturelle et magique a créé pour le monde un univers mystérieux, poétique et culturel. »

Il y a des enfances qui ouvrent les yeux plus grands que d’autres. Celle de Jean-Baptiste Leroux, né en 1949 en Touraine, s’est construite au rythme des reflets sur la Loire, des bruissements de feuillage, des matins brumeux sur les jardins à la française. C’est là, dans ce Val-de-Loire au patrimoine vibrant, que s’est enracinée sa sensibilité à la lumière et à l’harmonie des formes. Dès l’adolescence, il capte le monde comme un paysage à révéler : jardins, silhouettes d’arbres, vestiges d’architecture… chaque sujet devient une scène à sublimer.

Photographe de la nature en majesté, Jean-Baptiste Leroux rejoint Paris, où son regard s’affine au contact des grands maîtres. Il dirige tour à tour la galerie Nikon à Saint-Germain-des-Prés puis la galerie Canon de Beaubourg. Nous sommes alors à la fin des années 70, et dans cette effervescence artistique, il croise la route de figures tutélaires comme Robert Doisneau, Jacques-Henri Lartigue ou Lucien Clergue. Ce compagnonnage d’âmes sensibles le confirme dans son désir de photographier la beauté silencieuse.

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Le tournant a lieu en 1985. Au domaine de Courances, sa rencontre avec Madame de Ganay donne naissance à sa première exposition de photographies sur les jardins historiques. Ce sera le début d’une vocation profonde : celle de révéler, à travers l’objectif, la poésie des lieux façonnés par l’homme mais offerts au ciel. Versailles, Vaux-le-Vicomte, les jardins de Sans-Souci en Allemagne, de Caserte en Italie, de La Granja en Espagne, les domaines royaux du Maroc… La liste des lieux qu’il a magnifiés est impressionnante, mais toujours habitée par la même approche : saisir l’instant où la lumière transforme l’ordinaire en miracle.

Car Jean-Baptiste Leroux ne photographie pas les jardins : il les écoute. Il attend, souvent longtemps, que l’aube ou le crépuscule viennent révéler une texture, un reflet, une profondeur. Dans ses clichés, un bassin devient miroir d’éternité, une ombre s’élève en sculpture. À Versailles, le bassin du Dragon ou le bosquet de l’Encelade deviennent presque des rêves. Ailleurs, deux paons albinos en descente majestueuse évoquent les mariées d’un conte baroque. Il faut savoir regarder, se laisser surprendre. La nature, chez lui, a toujours le dernier mot.

Lauréat du prix Redouté du meilleur livre sur l’art des jardins et du Prix Eugène Carrière de l’Académie française en 2000 pour Jardins à la française, Jean-Baptiste Leroux est aussi l’auteur de nombreux ouvrages et le commissaire de plusieurs expositions prestigieuses, comme Jardins extraordinaires sur les grilles du Jardin du Luxembourg en 2017. Son talent est régulièrement sollicité par de grandes maisons, de Dior Parfums à Peugeot, d’Essilor à Mercedes-Benz France, pour des campagnes d’image ou des éditions de prestige.

Son œuvre témoigne d’un dialogue silencieux mais constant avec Dame Nature. Elle révèle une manière unique de photographier le temps qui passe, les éléments qui changent, les pierres qui murmurent. En 2014, un hommage floral vient couronner ce parcours : le rosier Jean-Baptiste Leroux, délicatement parfumé et d’une grande vigueur. Comme ses images, il résiste au temps, et fleurit avec grâce.