Il y a des artistes qui peignent. Et d’autres qui dévoilent. Jean-Luc Curabet appartient sans conteste à cette seconde catégorie : celle des plasticiens qui déplacent les lignes, non pas par provocation, mais par lucidité. Par fidélité à une vision du monde qui refuse l’oubli facile, le beau vide, ou l’image convenue. Né en Moselle et autodidacte revendiqué, Curabet développe depuis plus de dix ans une œuvre troublante, dense, immédiatement reconnaissable — à la frontière du pop-surréalisme, de la mémoire altérée et de l’humanité recomposée.
Sa matière première ? La photographie ancienne. Pas celle des icônes, mais celle des visages oubliés, des portraits silencieux figés dans le temps. À partir de ces reliques visuelles, il crée une écriture plastique intense : impression numérique, collages, peinture, ajouts de symboles, éclats narratifs. Chaque œuvre devient un champ de tension entre figuration et déconstruction, entre passé et métamorphose. Ce qu’il cherche à montrer ? Ce qui reste sous l’image. Ce qui résiste derrière le sourire ou le cadre. Un éclat d’âme, une cicatrice, un souvenir réinventé.
