Il y a des artistes pour qui la matière est un outil, et d’autres pour qui elle devient une résonance du vivant, une mémoire incarnée. Jacques Corda appartient sans doute à cette seconde famille. Né en 1964 à Paris, il vit aujourd’hui entre les éléments, à la frontière du geste et de la matière. Sculpteur autodidacte et explorateur de textures industrielles, il ne façonne pas seulement le métal : il l’interroge, le transforme, l’élève. Il lui donne une seconde vie, libérée de toute fonction utilitaire.
Chez lui, chaque boulon, chaque rondelle, chaque tôle perforée ou galvanisée devient vecteur d’émotion. Les matériaux bruts sont collectés, recyclés, revalorisés, intégrés dans des compositions où la froideur du métal cède la place à une force poétique. Le sculpteur détourne l’objet industriel de son usage initial pour en faire jaillir une autre forme de langage. Un langage à la fois organique, géométrique, narratif. Corda fait partie de ces artistes qui donnent à la matière une âme.
